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  • Ils vous veulent. Mais un francophone sur trois finit par repartir.

    Ils vous veulent. Mais un francophone sur trois finit par repartir.

    Cette note accompagne l’épisode 46 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque mercredi l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 46 : Six communautés qui te veulent

    Je vais vous raconter cet épisode en deux temps, parce que c’est comme ça que je l’ai vécu en le préparant : d’abord j’ai souri, ensuite j’ai grimacé.

    D’abord, la bonne nouvelle

    Le Canada veut 30 267 immigrants francophones hors Québec cette année. C’est une cible écrite, pas une intention : 9 % des admissions en 2026, 9,5 % en 2027, 10,5 % en 2028, et un engagement d’atteindre 12 % d’ici 2029.

    Et voici le détail que presque personne ne connaît : le fédéral a réservé 5 000 places pour que les provinces désignent des candidats francophones — en plus de leur allocation habituelle du Programme des candidats des provinces.

    Autrement dit : en étant francophone, vous ne prenez la place de personne. Vous êtes dans une file qui a été creusée pour vous.

    Les six communautés

    Le Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones offre une voie directe vers la résidence permanente à des travailleurs qualifiés qui s’installent dans des communautés francophones rurales ou éloignées, hors Québec. Six y participent, d’est en ouest :

    Moins de candidats se pressent sur ces voies que sur Toronto ou Vancouver — donc moins de concurrence. Et le mécanisme fonctionne : le Canada a dépassé sa cible d’immigration francophone pour 2025.

    Un mot d’avertissement quand même. Choisir une communauté sur une brochure, c’est comme choisir un appartement sur une photo. La photo n’est pas mensongère : elle est simplement prise le bon jour, sous le bon angle, à la bonne saison. Avant de déposer quoi que ce soit, appelez l’organisme francophone de la communauté visée et parlez à quelqu’un qui y vit. Demandez ce qui manque, pas ce qui est beau.

    Ensuite, ce qu’on ne vous dit pas

    Je ne vais pas vous vendre un rêve. Trois choses, documentées par Radio-Canada.

    1. Un immigrant francophone sur trois finit par repartir

    Le Canada perd 35 % de ses immigrants francophones, une tendance particulièrement marquée au Québec et en Ontario. On remplit un seau percé — et le trou a un nom.

    2. Les diplômes étrangers se heurtent à un mur

    En Ontario comme au Manitoba, la non-reconnaissance des acquis est identifiée comme l’obstacle principal. Les employeurs exigent des études canadiennes et de l’expérience canadienne — l’impasse classique. Beaucoup doivent réinventer complètement leur parcours professionnel. Les familles francophones qui quittent le Manitoba le disent clairement : c’est la déception de ne pas trouver d’emploi, même dans des domaines où les exigences linguistiques sont souples, qui les pousse à repartir.

    3. En Ontario, l’anglais reste souvent nécessaire

    Y compris à l’intérieur de la communauté francophone. Je préfère que vous l’entendiez de moi, calmement, plutôt qu’à votre troisième entrevue.

    Le français vous ouvre la porte d’entrée. L’anglais vous ouvre le bureau. Ce n’est pas un choix — c’est une séquence.

    Trois gestes cette semaine

    1. Lisez les critères d’admissibilité du programme pilote sur canada.ca avant de rêver.
    2. Choisissez une communauté et appelez son organisme francophone. Une vraie conversation vaut cinquante publications de groupe.
    3. Lancez dès maintenant votre démarche de reconnaissance de diplôme dans la province visée. C’est long, c’est ennuyeux, et c’est ce qui décide si vous ferez partie du tiers qui repart.

    Toutes ces voies ont un point commun : il faut prouver son français. Places réservées, catégorie francophone d’Entrée express, programmes pilotes — chacune exige une preuve officielle de compétence en français. Je suis enseignante diplômée en français langue seconde de l’Université de Montréal et examinatrice certifiée TEF par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Si vous préparez le TEF Canada ou le TEF Québec, on travaille les épreuves ensemble, une par une.


    Vous connaissez quelqu’un qui prépare son immigration ?

    Envoyez-lui cet article : les places réservées et les six communautés valent la peine d’être connues à l’avance.

    Références

    [1] Canada.ca — Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones

    [2] Canada.ca — Immigration francophone hors Québec, cibles et tableau de bord

    [3] Radio-Canada — Le Canada perd 35 % de ses immigrants francophones

    [4] Radio-Canada — La dure réalité des immigrants francophones qualifiés

    [5] Radio-Canada — Le dilemme des familles immigrantes francophones qui quittent le Manitoba

    Cette infolettre présente de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation personnelle, consultez un consultant réglementé en immigration ou un avocat.

  • Compréhension orale TEF : 29 exercices gratuits avec corrigé

    Compréhension orale TEF : 29 exercices gratuits avec corrigé

    Épisode 180 · entraînement guidé

    Une méthode claire, 19 documents audio et un cahier gratuit pour travailler la compréhension orale du TEF sans s’éparpiller.

    Cahier d’entraînement et casque audio pour la compréhension orale du TEF

    Vous comprenez vos collègues. Vous vous débrouillez à l’épicerie. Pourtant, à l’examen, l’audio défile et vous perdez le fil.

    Si vous vous reconnaissez, vous n’avez pas nécessairement un problème de français. Vous avez peut-être surtout besoin d’une méthode de repérage. C’est précisément ce que travaille l’épisode 180 : 29 questions d’entraînement, construites autour de 19 documents audio courts et réalistes, avec leur corrigé commenté.

    Pourquoi la compréhension orale déstabilise

    La compréhension orale du TEF Canada comporte 40 questions en 40 minutes. Chaque audio est diffusé une seule fois; il faut répondre au fur et à mesure, sans revenir en arrière [1]. C’est souvent cette contrainte — et non l’absence de vocabulaire — qui fait perdre des points.

    À l’oral, les mots se lient, le ne disparaît parfois, les chiffres arrivent vite et la question suivante commence déjà. Je le vois régulièrement avec mes apprenants : ils cherchent tous les mots, alors qu’ils n’ont généralement besoin que d’une information précise.

    Vous n’avez pas besoin de comprendre chaque mot. Vous cherchez une seule information à la fois.

    La méthode E.C.C.

    J’enseigne cette méthode en trois gestes simples : Écouter la question, Cibler l’information, Choisir et continuer.

    É — Écouter la question avant l’audio

    Avant le démarrage de l’audio, lisez la question et les réponses proposées. Vous saurez ce que vous devez repérer.

    Type de question Information à repérer
    Quand ? un jour, une date, une heure
    Combien ? un prix, une quantité, une durée
    Pourquoi ? une cause, souvent introduite par car, en raison de ou parce que

    Sans cette étape, vous écoutez pour tout comprendre. Avec elle, vous écoutez pour vérifier.

    C — Cibler l’information

    Pendant l’audio, laissez passer ce qui ne répond pas à la question. Portez une attention particulière aux mots qui signalent une correction :

    pas… mais · finalement · plus tôt que prévu · exceptionnellement · en fait

    Ils annoncent souvent que la première information doit être abandonnée.

    C — Choisir et continuer

    Choisissez la réponse la plus précise, puis avancez. Une question difficile ne doit pas vous faire perdre les deux suivantes.

    La phrase à retenir : je comprends la situation, je cherche l’information, je choisis et je continue.

    Les trois pièges les plus fréquents

    1. L’information annulée

    « La réunion ne commencera pas à neuf heures comme prévu, mais à huit heures trente. »

    Neuf heures est bien prononcé, mais la réponse est huit heures trente. Entraînez votre oreille à entendre le changement, pas seulement le premier chiffre.

    2. Le chiffre qui n’est pas la réponse

    « Le billet coûte normalement vingt dollars. Les étudiants bénéficient d’un tarif réduit à douze dollars. »

    Si la question concerne l’étudiant, la réponse est douze dollars. Un chiffre entendu n’est pas forcément le chiffre demandé.

    3. Le calcul silencieux

    Dans certains documents, la réponse n’est pas prononcée telle quelle : il faut relier deux informations ou faire un calcul simple. C’est une habitude que vous pouvez travailler sans vous précipiter.

    Le Cahier du candidat : 29 questions à télécharger

    Le Cahier du candidat — Compréhension orale TEF accompagne l’épisode 180. Il contient les 29 questions, le minutage des documents, une grille de réponses, la méthode E.C.C., un corrigé commenté et un bilan pour interpréter votre score.

    Connaître la bonne lettre ne suffit pas. Comprendre le piège vous aide à progresser la prochaine fois.

    Le cahier d’entraînement est prêt.

    Télécharger le Cahier du candidat — gratuit →

    Comment utiliser l’entraînement

    1. Téléchargez ou imprimez le cahier avant de commencer.
    2. Installez-vous au calme, idéalement avec des écouteurs.
    3. Lisez la question avant chaque document.
    4. Écoutez une seule fois, comme dans les conditions de l’épreuve.
    5. Notez votre score, puis reprenez l’exercice trois jours plus tard sans relire le corrigé.

    Ce second passage est instructif : si votre score augmente, vous avez probablement automatisé une stratégie de repérage.

    Écouter l’épisode 180

    Écouter aussi directement sur Spotify.

    Questions fréquentes

    Combien de questions y a-t-il en compréhension orale au TEF Canada ?

    L’épreuve comporte 40 questions en 40 minutes. Les audios sont diffusés une seule fois et le candidat ne peut pas revenir en arrière [1].

    Le TEF Québec comprend-il la compréhension orale ?

    Oui. La compréhension orale est l’une des quatre épreuves modulaires du TEF Québec. Selon le programme d’immigration québécois, une, deux, trois ou quatre épreuves peuvent être demandées; les exigences applicables doivent être confirmées pour votre démarche précise [2].

    Quel niveau faut-il atteindre pour le PSTQ ?

    Les exigences ne sont pas identiques pour tous les volets. Par exemple, le volet 1 du PSTQ demande le niveau 7 ou plus à l’oral et le niveau 5 ou plus à l’écrit selon l’Échelle québécoise; pour une personne conjointe accompagnante, le minimum indiqué est le niveau 4 à l’oral [3].

    Peut-on réécouter un document pendant l’examen ?

    Non pour la compréhension orale du TEF Canada : chaque audio est diffusé une seule fois [1]. C’est pourquoi l’entraînement proposé reproduit cette contrainte.

    Faut-il comprendre l’accent québécois pour réussir ?

    Vous n’avez pas besoin de parler québécois. L’objectif est de ne pas être déstabilisé par différentes voix et de savoir repérer l’information utile.

    Combien de temps faut-il pour progresser ?

    La régularité est plus utile que les longues séances occasionnelles. Vingt minutes d’écoute ciblée par jour, combinées à une correction expliquée, peuvent renforcer progressivement vos automatismes.

    Note de contexte — vérifiée le 17 août 2026. Les exigences linguistiques dépendent du programme visé et peuvent évoluer. Avant une inscription ou une demande, vérifiez les critères directement auprès de l’autorité compétente, notamment le MIFI pour une démarche québécoise.

    Et pour la compréhension écrite ?

    Si vous préparez également l’écrit, retrouvez les simulations de compréhension écrite avec corrigés commentés : voir les simulations de compréhension écrite.

    Annie Nanking est enseignante en francisation au Québec et examinatrice certifiée TEF par la CCI Paris Île-de-France.

    Références

    [1] Le français des affaires — TEF Canada, Passer le test

    [2] Le français des affaires — TEF Québec, En savoir plus

    [3] Québec.ca — Exigences du Programme de sélection des travailleurs qualifiés

  • Un test de français réussi, un permis refusé : les 5 vérifications avant de déposer votre demande

    Un test de français réussi, un permis refusé : les 5 vérifications avant de déposer votre demande

    Cette note accompagne l’épisode 45 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque mercredi l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 45 : L’infirmière refusée pour un test de français… qu’elle avait réussi

    Une personne peut avoir étudié au Québec, obtenir son diplôme, être admise à son ordre professionnel et décrocher un emploi dans un secteur qui recrute. Pourtant, un seul document absent du dossier peut compromettre la suite du parcours.

    C’est le point de départ de l’épisode 45 des Cousins d’Amérique. Nous y revenons sur le cas de Lucie Cézar, infirmière auxiliaire diplômée au Québec. Sa demande de permis de travail postdiplôme a été refusée parce qu’IRCC n’avait pas trouvé dans son dossier la preuve de français attendue. Elle avait passé le TEF et croyait l’avoir transmis. Après le refus, elle et son conjoint ont perdu leur droit de travailler et devaient quitter le pays dans les 90 jours. [1]

    Cette histoire ne permet pas de tirer une conclusion sur tous les dossiers d’immigration. Elle rappelle cependant une distinction concrète et fondamentale : remplir une condition ne suffit pas; il faut aussi la prouver correctement au moment du dépôt.

    Épisode 45 : ce qu’il faut retenir

    Dans cet épisode, Pierre réagit à une situation qui semble absurde : une francophone formée au Québec est refusée pour une preuve de français. Marc pose alors la question utile : le dossier contenait-il toutes les pièces exigées lorsque l’agent l’a examiné?

    « Le système ne juge pas ce que vous savez. Il juge ce que vous avez prouvé. »

    Cette phrase ne dit pas que le système est parfait. Elle donne plutôt un réflexe de préparation : avant de déposer, vérifiez votre dossier comme si la personne qui le lit ne pouvait ni deviner une information ni retrouver pour vous un document manquant.

    Écouter l’épisode 45 des Cousins d’Amérique

    Pourquoi la preuve linguistique compte dans une demande de PTPD

    Pour certaines demandes de permis de travail postdiplôme présentées à partir du 1er novembre 2024, IRCC demande une preuve de compétences linguistiques en français ou en anglais. Les résultats doivent avoir moins de deux ans au moment de la soumission. IRCC précise aussi que les résultats de tests sont parfois étiquetés comme documents facultatifs dans la liste; ils doivent néanmoins être joints lorsqu’ils constituent une exigence applicable à votre programme. [2]

    La leçon n’est donc pas de multiplier les documents au hasard. Il s’agit de lire les exigences de votre programme et de démontrer chacune d’elles avec la pièce demandée, dans l’espace prévu et au moment du dépôt.

    Les cinq vérifications à faire avant de cliquer sur « Soumettre »

    1. Relisez la liste de contrôle officielle, ligne par ligne

    Avant de soumettre, ouvrez la liste de contrôle de votre programme et comparez-la à chaque document chargé. Ne vous contentez pas de vérifier qu’un fichier est « dans votre ordinateur » : assurez-vous qu’il apparaît dans le bon champ du portail.

    2. Planifiez les tests de langue avant le dépôt

    Un résultat de test ne sert au dossier que s’il est encore valide et joint à la demande lorsqu’il est requis. Prévoyez le rendez-vous, le délai de réception des résultats et le temps de téléversement. Pour un PTPD, IRCC indique que les résultats doivent dater de moins de deux ans au moment de la demande. [2]

    3. Gardez une preuve de chaque téléversement

    Conservez votre numéro de confirmation, la date et l’heure de la soumission, ainsi qu’une capture d’écran des documents téléversés. Ces éléments n’évaluent pas l’admissibilité, mais ils vous permettent de retracer clairement ce qui a été transmis.

    4. Si vous recevez un refus, lisez d’abord la lettre intégralement

    La décision reçue, votre statut actuel et les délais qui s’appliquent dépendent de votre situation personnelle. Évitez de prendre une décision précipitée : lisez la lettre d’IRCC, rassemblez vos documents et obtenez rapidement un avis adapté avant d’entreprendre une démarche ou un déplacement.

    5. Pour un dossier personnel, consultez une personne habilitée

    Un avocat ou un consultant réglementé en immigration canadienne peut examiner votre situation propre. Les expériences partagées dans des groupes en ligne peuvent aider à comprendre ce que vivent d’autres personnes, mais elles ne remplacent pas l’analyse de votre lettre de décision et de vos preuves.

    Un rappel pour le regroupement familial au Québec

    Le gouvernement du Québec a mis en place un calendrier de réception des demandes d’engagement en regroupement familial, ouvert du 2 juillet 2026 au 30 juin 2028, avec une période qui dépend notamment de la date où IRCC a déclaré le répondant admissible. Il ne faut donc pas appliquer une échéance générale à toutes les situations : vérifiez votre date et votre catégorie directement dans les règles officielles avant d’agir. [3]

    Les Cousins d’Amérique : un même espace, chaque mercredi

    Les Cousins d’Amérique ont maintenant leur espace sur Francisation Réussie. Vous y retrouvez les épisodes, les articles de blog associés et l’infolettre hebdomadaire. Chaque mercredi, le même rendez-vous relie l’écoute, le décryptage écrit et les ressources utiles.

    Cette page est le complément écrit de l’épisode 45. Elle est conçue pour être relue avant un dépôt, retrouvée facilement après une écoute et partagée avec une personne qui prépare une demande.

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    À écouter maintenant

    L’épisode 45 replace le cas de Lucie Cézar dans un contexte plus large et détaille les cinq réflexes de préparation avec Marc et Pierre.

    Écouter « L’infirmière refusée pour un test de français… qu’elle avait réussi »


    Connaissez-vous quelqu’un qui prépare un dossier?

    Envoyez-lui cet article ou l’épisode 45 : un document oublié peut avoir de lourdes conséquences.

    Références

    [1] Radio-Canada — Des immigrants déplorent un manque d’humanité à Immigration Canada

    [2] IRCC — Permis de travail postdiplôme : obtenez les documents requis

    [3] Gouvernement du Québec — Règles de réception des demandes d’engagement