Catégorie : Les Cousins d’Amérique

  • Le mot « optionnel » qui a coûté un permis de travail

    Le mot « optionnel » qui a coûté un permis de travail

    Cette note accompagne l’épisode 52 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque semaine l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 52 : Le mot « optionnel » qui a coûté un permis de travail

    Bonjour,

    Il y a une phrase, sur le site d’Immigration Canada, qui se contredit elle-même.

    Page officielle du permis de travail postdiplôme, section « Obtenir les bons documents ». Première phrase : votre liste de contrôle affichera la preuve de résultats linguistiques comme un document optionnel. Deuxième phrase, juste en dessous : vous devez inclure cette preuve avec votre demande.

    Deux phrases collées. La première dit « optionnel ». La deuxième dit « vous devez ». Et c’est la deuxième qui a force de loi.

    Depuis la fin de 2025, 4 200 demandes ont été refusées à cause de ces instructions. Dont 195 citoyens français — et 165 de ces décisions sont tombées entre janvier et mai de cette année. Ce ne sont pas de vieux dossiers. C’est maintenant. (Chiffres obtenus par Radio-Canada.)

    Mais voici ce que presque personne ne raconte, et c’est le cœur de l’épisode de cette semaine.

    Le mot « optionnel » n’est que la moitié du piège

    Maxime Denis, trente ans, doctorat en chimie à l’UQAM, toutes ses études en français. Il dépose sa demande le 29 août 2025, juste après sa soutenance. Le 24 avril, il apprend qu’il n’a plus le droit de travailler au Québec.

    Et il avait son test. Un TEF passé en janvier 2025. Il l’avait, il voulait le joindre.

    Le problème est technique, et il est écrit noir sur blanc sur une autre page du même site : une seule case du portail accepte vos documents supplémentaires, et elle n’accepte qu’un seul fichier. Si vous en téléversez plus d’un, seul le plus récent est conservé dans votre demande. C’est ce qu’écrit Immigration Canada dans ses instructions spéciales sur le téléversement des preuves pour le permis postdiplôme (page « Comment soumettre la preuve que vous êtes diplômé d’un domaine d’études admissible ») — la même consigne, republiée en décembre 2025 dans ses instructions mises à jour et relayée par CIC News.

    Autrement dit : si vous déposez votre test de langue, puis votre lettre de diplôme, la lettre écrase le test. En silence. Sans message d’erreur. Vous voyez le dernier fichier, vous êtes rassuré, vous cliquez « envoyer ».

    Il n’a pas oublié son test. Il l’a écrasé.

    Trois gestes, cette semaine

    1. Si vous n’avez pas encore déposé : passez votre test maintenant. Pour le français, seuls le TEF Canada et le TCF Canada sont acceptés — le TEFAQ n’est pas sur la liste. Les quatre compétences. Niveau 7 pour un grade universitaire, niveau 5 pour un programme collégial. Et des résultats de moins de deux ans au moment où vous soumettez, pas au moment du test.
    2. Plusieurs documents à déposer dans la section « Renseignements sur le client » ? Fusionnez-les en un seul PDF. Un seul fichier, toutes les pages dedans. Ça prend une minute et ça évite un refus.
    3. Le geste de la semaine, dix minutes lundi matin : allez sur la page officielle « Obtenir les bons documents » et imprimez-la en PDF, avec la date de modification bien visible au bas de la page. La phrase contradictoire y est encore aujourd’hui — Radio-Canada rapporte que trois semaines après ses demandes de clarification, le site n’avait toujours pas été modifié, et nous l’avons vérifié avant d’enregistrer. Si un jour vous devez expliquer à un agent, à un avocat ou à un juge pourquoi vous avez cru que c’était optionnel, ce PDF daté sera votre preuve. Pas votre souvenir.

    Si la lettre de refus est déjà arrivée

    Je vais être franche avec vous : il n’existe aucun appel pour les décisions de résidence temporaire. Immigration Canada le dit lui-même, sur une page mise à jour le 1er septembre 2026.

    Mais il reste trois portes, et elles sont réelles. Redéposer avec l’information manquante, en surveillant la fenêtre de rétablissement de 90 jours. Le contrôle judiciaire en Cour fédérale, dont le délai est de quinze jours seulement quand la décision a été rendue au Canada. Et une troisième porte, qui n’est pas ouverte aujourd’hui mais qui a déjà servi : en 2016, après le jugement Appidy c. Canada (2015 CF 1356) de la Cour fédérale, Ottawa a permis à certains diplômés dont le permis postdiplôme avait été refusé de présenter une nouvelle demande, avec un permis de travail ouvert valable jusqu’à trois ans, le rétablissement du statut, et aucuns frais. Cette mesure était étroite — elle ne visait que des refus rendus entre septembre 2014 et mars 2016 pour un motif précis — et elle a pris fin en 2017.

    Je ne vous promets pas que ça se refera. Mais le mécanisme existe, il porte un nom, et quatre mille deux cents dossiers, ce n’est plus un cas isolé.

    L’épisode décortique tout ça : les délais exacts, les quatre pièges du test, la clause de droits acquis que la plupart des gens ignorent, et le précédent de 2016 avec son numéro de cour.

    Les dates à mettre au frigo

    • 31 octobre 2026Fermeture de la fenêtre du PEQ et du regroupement familial québécois pour les admissibilités du 31 janvier 2025 et avant.
    • 1er novembre 2026Retour à l’heure normale : la limite de dépôt en ligne passe de 20 h à 19 h au Québec — une heure de moins que vous ne pensez.
    • 31 décembre 2026Dernier jour pour le permis de travail transitoire d’Immigration Canada.

    Le test exigé pour ce permis ne s’improvise pas. Je suis enseignante diplômée en français langue seconde de l’Université de Montréal et examinatrice certifiée TEF par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Si vous préparez le TEF Canada pour votre demande, on travaille les épreuves ensemble, une par une.

    Et si vous connaissez quelqu’un qui finit ses études cette année, transférez-lui cet article aujourd’hui. Pas la semaine prochaine. C’est comme ça qu’un piège arrête de fonctionner.

    On lâche rien.

    Annie

    Cette infolettre est une information générale, pas un avis juridique. Pour votre dossier, parlez à un avocat ou à un consultant réglementé en immigration.


    Vous connaissez quelqu’un qui finit ses études cette année ?

    Envoyez-lui cet article : le piège du mot « optionnel » vaut la peine d’être connu avant de déposer.

    Sources

    [1] Radio-Canada — Immigration Canada : 195 diplômés Français refusés… à cause du français

    [4] Canada.ca — Permis de travail postdiplôme : comment soumettre la preuve que vous êtes diplômé d’un domaine d’études admissible (règle du fichier unique dans la section « Renseignements sur le client »)

    [5] CIC News — Avoid graduate work permit refusals: IRCC releases new instructions (12 décembre 2025)

    [3] Canada.ca — Notice: temporary public policy for some refused post-graduation work permit applicants (21 octobre 2016)

    [2] Canada.ca — Permis de travail postdiplôme : obtenez les documents requis (IRCC)

  • La pièce sans fenêtre

    La pièce sans fenêtre

    Cette note accompagne l’épisode 51 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque semaine l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 51 : La pièce sans fenêtre

    Bonjour,

    Si vous connaissez quelqu’un dont le dossier affiche « en traitement » depuis huit mois, un an, deux ans — sans un mot d’explication — cette lettre est pour lui. Et si c’est vous : il y a deux portes, et elles sont gratuites.

    Ce qui se passe réellement

    Il y a deux étages de vérification. L’étage normal, que tout le monde traverse : empreintes, informations biographiques, bases de données, certificats de police. Puis le deuxième étage — le contrôle de sécurité approfondi — où votre dossier quitte IRCC pour l’Agence des services frontaliers (ASFC) et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui vérifient l’interdiction de territoire aux articles 34, 35 et 37 de la LIPR.

    Important : y être n’est pas une accusation. Radio-Canada l’a documenté ce mois-ci — le déclenchement peut tenir à des considérations géopolitiques : pays d’origine, parcours d’études, secteur de recherche, ancien employeur. Rien à voir avec votre conduite.

    Entre 2021 et 2025, les dossiers en attente d’un contrôle de sécurité à l’ASFC sont passés d’environ 9 000 à plus de 183 000. Vingt fois plus en quatre ans.

    Pourquoi le délai affiché par IRCC ne vous concerne pas

    C’est l’information la plus utile de l’épisode, et presque personne ne la donne. Il y a deux chronomètres. L’ASFC vise 107 jours civils pour un contrôle de sécurité de résidence permanente — sauf que ces 107 jours ne démarrent qu’à la fin des vérifications du SCRS. Et le SCRS n’a aucune norme de service publique comparable. Aucune.

    Le chronomètre de l’Agence ne démarre donc que quand celui du renseignement s’arrête — et celui du renseignement n’a pas d’aiguilles. Le délai affiché sur le site mesure le travail d’IRCC, qui attend lui aussi. Vous n’êtes pas « en retard » dans cette file : vous n’y êtes pas.

    Porte n° 1 — allumer la lumière, sans payer personne

    Vous pouvez demander votre propre dossier : les notes de l’agent, les dates, les mentions internes — les notes du Système mondial de gestion des cas (SMGC). C’est une demande en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels : sans frais, délai légal de réponse de 30 jours.

    Le droit méconnu : cette loi ouvre l’accès aux citoyens, aux résidents permanents et à toute personne présente au Canada. Présente. Si vous êtes ici avec un permis de travail, d’études ou même un statut de visiteur, vous faites la demande vous-même, gratuitement — ne payez pas 200 ou 300 $ à un intermédiaire. (Ceux qui sont encore à l’étranger et ne sont ni citoyens ni résidents permanents doivent, eux, passer par un représentant ayant une adresse au Canada.)

    La nuance que personne ne mentionne : IRCC ne vous donne que le dossier d’IRCC, qui dira souvent « en attente de l’ASFC », sans date. Il faut une seconde demande, distincte, auprès de l’ASFC. Deux ministères, deux demandes. Et soyons francs : cela ne fait pas avancer le dossier — cela vous dit où il est assis, et si une pièce manque sans qu’on vous l’ait réclamée.

    Porte n° 2 — la plainte en deux étapes

    Vous pouvez porter plainte sur les activités du SCRS devant l’organisme indépendant qui le surveille (aujourd’hui l’OSSNR). Beaucoup de gens sautent la première étape, ce qui fait rejeter leur plainte :

    • Étape 1 — exposer vos griefs par écrit au directeur du Service, par la poste, avec dates, numéro de dossier et faits. Notez la date d’envoi.
    • Étape 2 — si la réponse ne vous satisfait pas ou ne vient pas dans un délai raisonnable (la consigne publiée parle généralement de 30 jours), portez la plainte devant l’Office de surveillance.

    C’est gratuit, par écrit, et sans avocat pour déposer. Ce n’est pas théorique : les plaintes ont bondi de 290 % entre 2024 et 2025, dont plus de 91 % portant sur des retards présumés de contrôle de sécurité. Ce que cela fait : une trace officielle, hors du ministère qui vous fait attendre. Ce que cela ne fait pas : vous donner la résidence permanente ni forcer une date.

    ⚠️ Vérifiez les coordonnées à jour de l’Office avant de poster — l’organisme a changé de nom en 2019 (aujourd’hui l’OSSNR) et plusieurs pages en circulation sont périmées.

    La bonne nouvelle — et elle est datée

    Pour la première fois depuis 2021, l’arriéré recule : l’ASFC confirme que les données 2026, bien que partielles, montrent une baisse, et annonce d’autres réductions pour l’exercice 2026-2027.

    Par ailleurs, la pétition e-7628 réclame que le SCRS publie enfin des normes de service mesurables, un recours officiel, des données publiques et un plan chiffré. Elle a recueilli 2 499 signatures, dont 214 au Québec. Une pétition présentée à la Chambre oblige le gouvernement à répondre par écrit dans les 45 jours : c’est le document à surveiller cet automne.

    Vos quatre gestes cette semaine

    1. Cessez de mesurer votre attente avec le délai affiché par IRCC.
    2. Si vous êtes au Canada, déposez vous-même la demande d’accès à vos renseignements personnels auprès d’IRCC — puis auprès de l’ASFC si la réponse l’exige.
    3. Si vos notes confirment un blocage : écrivez au directeur du SCRS, puis à l’Office de surveillance après 30 jours.
    4. Surveillez la réponse du gouvernement à la pétition e-7628.

    Les dates à mettre au frigo

    • 5 octobre 2026Élections générales au Québec; tout le volet québécois peut bouger après.
    • 31 octobre 2026Fermeture de la fenêtre de dépôt du PEQ, les deux volets (épisode 49); fin de la fenêtre de regroupement familial pour les admissibilités du 31 janvier 2025 et avant (épisode 47).
    • 1er novembre 2026Heure normale : la limite « minuit UTC » passe de 20 h à 19 h au Québec (épisode 50).
    • 31 décembre 2026Date limite du permis de travail transitoire d’IRCC; fin du non-traitement des EIMT à bas salaire à Montréal et Laval.
    • 31 décembre 2027Expiration de la politique « étudier sans permis d’études » (épisode 50).

    Vérifiez toujours l’information sur canada.ca avant d’agir — pas sur un groupe Facebook. Et si cette lettre peut servir à quelqu’un qui fixe son compte IRCC en ce moment : transférez-la.

    On lâche rien.

    Annie


    Vous connaissez quelqu’un qui attend depuis des mois, sans explication ?

    Transférez-lui cet article : les deux recours gratuits valent la peine d’être connus avant de payer qui que ce soit.

    Sources

    [1] Radio-Canada — Un arriéré en immigration qui a explosé, et qui commence tout juste à diminuer

    [2] Canada.ca — CIMM – Security Screening, 4 mai 2026 (IRCC)

    [3] Chambre des communes — Pétition e-7628

    [4] Canada.ca — Comment porter plainte (surveillance des activités de renseignement de sécurité)

    [5] ASFC — Demande en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels

    Cette infolettre présente de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Vérifiez toujours l’information officielle correspondant à votre démarche sur canada.ca avant d’agir.

  • Vous pouvez étudier sans permis d’études — depuis le 4 septembre.

    Vous pouvez étudier sans permis d’études — depuis le 4 septembre.

    Cette note accompagne l’épisode 50 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque semaine l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 50 : Étudier sans permis d’études : ce qui a changé le 4 septembre

    Bonjour,

    Je vais commencer par la phrase que j’aurais voulu dire à une personne en particulier, il y a deux ans.

    Si vous avez un permis de travail valide au Canada — fermé, ouvert, ou post-diplôme — vous pouvez suivre un cours de six mois ou moins sans demander de permis d’études.

    Ce n’est pas un projet. Ce n’est pas une rumeur. C’est en vigueur depuis le 4 septembre 2026.

    Et au Québec, la même date vous dispense aussi du CAQ pour études.

    Pourquoi presque personne ne le sait

    La politique a été signée le 5 août, avec une clause toute simple : elle entre en vigueur trente jours plus tard. Donc le 4 septembre. L’avis public, lui, n’est sorti que le 9.

    Le droit a existé cinq jours avant que quiconque cogne à la porte. Et trois semaines plus tard, la plupart des gens concernés l’ignorent encore.

    Une seule condition

    Le texte officiel n’en contient qu’une : détenir un permis de travail valide.

    • Pas d’établissement désigné obligatoire
    • Pas de domaine d’études imposé
    • Pas de permission de l’employeur
    • Pas de formulaire
    • Pas de frais

    La preuve que l’école peut vous demander, c’est votre permis de travail. Rien d’autre.

    ⚠️ Et parce que des courriels d’IRCC circulent en ce moment : si quelqu’un vous demande de payer pour « activer » cette exemption, c’est une fraude. Il n’y a rien à activer.

    Ce que ça change pour le français

    Il y a une ligne sur le site du gouvernement du Québec qui règle une question qu’on me pose chaque semaine : on ne peut pas obtenir de CAQ pour études pour suivre les cours de français du gouvernement.

    Ce n’est pas un refus. C’est qu’il n’en faut pas.

    Francisation Québec, c’est gratuit, pour toute personne de 16 ans et plus qui vit au Québec, en présence, à distance ou en ligne.

    Et ça compte, parce qu’une horloge tourne : le 17 décembre 2028, le français oral de niveau 4 deviendra exigé pour le CAQ travail après trois ans de séjour. Vous avez deux ans et trois mois. C’est beaucoup — si on commence.

    Les 4 pièges (celui du milieu coûte cher)

    • 1. Le mot « programme »Un cours de 4 mois rattaché à une AEC de 2 ans ? Le CAQ redevient obligatoire. Faites confirmer par écrit que le cours est autonome.
    • 2. Le temps pleinSi vous étudiez à temps plein sous cette politique, l’expérience de travail accumulée pendant vos études ne compte ni pour la Catégorie de l’expérience canadienne, ni pour les points d’expérience canadienne de l’Entrée express. Six mois effacés de votre compteur. La solution : temps partiel, ou planifier le cours hors de vos 12 mois d’accumulation.
    • 3. Le stage coopSi l’employeur ou la profession du stage diffère de votre permis, il vous faut un deuxième permis de travail. Permis ouvert : rien à faire.
    • 4. Le vrai plafondL’exemption dure six mois OU jusqu’à l’expiration de votre permis — le premier des deux.

    Les dates à mettre au frigo

    • 5 octobre 2026Élections générales au Québec.
    • 31 octobre 2026Fermeture de la fenêtre PEQ (les deux volets) et fin de la fenêtre de regroupement familial Québec pour les admissibilités délivrées jusqu’au 31 janvier 2025.
    • 1er novembre 2026Retour à l’heure normale : la limite de dépôt « minuit UTC » passe de 20 h à 19 h au Québec.
    • 31 décembre 2026Dernier jour pour demander le permis de travail transitoire d’IRCC (12 mois).
    • 31 décembre 2027Expiration de la mesure ci-dessus — révocable avant, sans préavis.

    Vos cinq gestes pour lundi matin

    1. Sortez votre permis de travail. Regardez la date d’expiration : c’est votre vraie limite.
    2. Demandez à l’établissement, par écrit : ce cours est-il autonome?
    3. Si vous visez l’Entrée express : demandez le temps partiel.
    4. Si c’est le français que vous voulez : allez directement à Francisation Québec.
    5. Ne payez personne pour ça.

    Dans l’épisode, je vous raconte aussi l’histoire de Laurelle Temtching Maffo, infirmière formée au Cameroun, arrivée à Gatineau en avril 2024, qui donne des bains à l’Hôpital de Hull en attendant l’équivalence de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Si vous vous reconnaissez dans cette phrase, l’épisode est pour vous.

    Le niveau 4 exigé d’ici 2028 ne s’improvise pas la dernière année. Je suis enseignante diplômée en français langue seconde de l’Université de Montréal et examinatrice certifiée TEF par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, avec dix ans d’expérience. Si vous préparez le TEF, on travaille les épreuves ensemble, une par une.

    On lâche rien.

    Annie

    Ce contenu est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Les politiques d’intérêt public peuvent être révoquées en tout temps. Vérifiez votre situation sur Canada.ca et Québec.ca, ou auprès d’un professionnel réglementé.


    Vous connaissez quelqu’un qui a renoncé à un cours à cause d’un permis d’études ?

    Transférez-lui cet article. C’est littéralement pour cette personne qu’on a fait cet épisode.

    Références

    [1] Canada.ca — Public policy allowing some work permit holders to study without a study permit (IRCC)

    [2] Québec.ca — Services d’apprentissage du français (Francisation Québec)

    [3] Radio-Canada — Travailler en santé au Canada : deux immigrantes racontent leur combat

    Cette infolettre présente de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Les politiques d’intérêt public peuvent être révoquées en tout temps : consultez toujours les informations officielles correspondant à votre démarche avant de vous inscrire à un cours.

  • Sortez votre permis ce soir : il y a deux dates dessus.

    Sortez votre permis ce soir : il y a deux dates dessus.

    Cette note accompagne l’épisode 49 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque semaine l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 49 : Les trois dates de votre permis, et celle que personne ne lit

    Bonjour,

    Cette semaine, on ne parle pas d’un programme. On parle d’un bout de papier que vous avez déjà dans votre portefeuille.

    Trois personnes ont fait la manchette ces derniers jours, et leur point commun est troublant : aucune des trois n’a fait quoi que ce soit de mal.

    Lily-Rose, dix-sept ans, a perdu sa session d’automne au Cégep de Chicoutimi parce qu’une lettre d’approbation n’est pas arrivée avant le 4 septembre. Ses deux parents travaillent ici légalement. Isabelle Beauregard, PDG de Meubles RD à Victoriaville, a vu partir un employé installé au Québec depuis trois ans : son EIMT est arrivée après le délai. Et une infirmière diplômée du Québec a perdu son droit de travailler parce qu’Immigration Canada disait ne pas avoir reçu sa preuve de français — elle l’a fournie deux heures après le refus.

    Trois dossiers perdus sur du papier, pas sur du mérite.

    1. Votre permis a deux dates

    Il y a la date d’expiration, celle que tout le monde regarde. Et il y a la mention « Doit quitter le Canada au plus tard le » (Must leave Canada by). Quand cette mention existe, c’est elle qui détermine votre statut, même si elle est plus tardive. Sortez votre permis ce soir et lisez-le au complet, y compris les conditions inscrites : employeur, profession, lieu de travail. On perd aussi son statut en ne les respectant pas.

    2. Le lendemain de l’expiration n’est pas la fin

    Si votre permis expire avant que vous ayez déposé votre demande de prolongation, vous perdez votre statut — mais vous avez 90 jours pour demander le rétablissement, depuis l’intérieur du Canada. Presque personne ne le sait.

    Trois pièges :

    • vous devez arrêter de travailler pendant cette période — travailler détruit votre admissibilité;
    • en ligne, la limite est minuit UTC, c’est-à-dire 20 h au Québec — votre jour 90 se termine pendant que vous soupez;
    • chaque membre de la famille doit déposer et payer séparément, il n’existe aucun tarif familial.

    3. Deux choses que le système vous doit

    Une exemption enterrée. Si vous détenez une lettre d’appui pour permis de travail ouvert d’une province participante, le délai de 90 jours ne s’applique tout simplement pas à vous. Je le dis franchement dans l’épisode : le Québec ne participe pas à ce programme, donc cette porte ne s’ouvre pas depuis Montréal. Mais si vous écoutez depuis l’Ontario, le Nouveau-Brunswick ou les Prairies, allez vérifier votre admissibilité aujourd’hui.

    Un remboursement automatique. Immigration Canada s’est donné une norme de temps de traitement pour un rétablissement. Quand il la dépasse, il vous rembourse 25 % des frais (retard léger) ou 50 % (retard prolongé). Sans que vous ayez à le demander. Le geste : tenez votre adresse à jour dans votre compte en ligne, sinon le chèque part dans le vide.

    Les dates à mettre au frigo

    • 31 octobre 2026Fermeture de la fenêtre PEQ (les deux volets) et fin de la fenêtre de regroupement familial pour les admissibilités délivrées jusqu’au 31 janvier 2025.
    • 1er novembre 2026Retour à l’heure normale : la limite de dépôt en ligne passe de 20 h à 19 h au Québec.
    • 31 décembre 2026Dernier jour pour demander le permis de travail transitoire d’IRCC (12 mois). Même date pour le regroupement familial visant les admissibilités jusqu’au 30 juin 2025.
    • 31 mars 2027Fin de la mesure rurale du Programme des travailleurs étrangers temporaires.
    • 2 juillet 2028Fin de la réouverture du PEQ.
    • 17 décembre 2028Vérification du français (niveau 4 à l’oral) pour le renouvellement du CAQ travail après trois ans.

    Votre check-list de la semaine

    • ☐ Sortir mon permis et lire les deux dates, pas juste celle du haut.
    • ☐ Relire les conditions inscrites : employeur, profession, lieu.
    • ☐ Noter la date de dépôt cible : bien avant l’expiration, pas la veille.
    • ☐ Si une EIMT est dans la pile, commencer les démarches maintenant — ce papier-là ne dépend pas de moi.
    • ☐ Vérifier que mon adresse est à jour dans mon compte en ligne.

    Le système n’est pas doux, et je ne vais pas prétendre le contraire. Mais le même système qui refuse un dossier pour un papier manquant donne quatre-vingt-dix jours pour revenir à la table, et se facture lui-même ses propres retards. Ce n’est pas de la chance : c’est écrit. Et ce qui est écrit, ça se réclame.

    Une heure de préparation aujourd’hui peut valoir trois ans de vie au Canada.

    On lâche rien.

    Annie

    Vérifiez toujours par vous-même. Les règles changent, et un groupe Facebook n’est pas une source. Toutes les pages citées dans l’épisode sont sur canada.ca et quebec.ca. Cette infolettre est de l’information générale, pas un avis juridique : pour un dossier personnel, consultez un avocat en immigration ou un consultant réglementé — et vérifiez son numéro.


    Quelqu’un que vous connaissez a un permis qui expire bientôt ?

    Envoyez-lui cet article : les deux dates sur son permis et le délai de 90 jours valent la peine d’être connus avant, pas après.

    Références

    [1] Canada.ca — Rétablissez votre statut et obtenez un permis de travail

    [2] Canada.ca — Departmental Remission Policy Pursuant to the Service Fees Act (IRCC)

    [3] Radio-Canada — Une session perdue à cause des délais en immigration

    [4] Radio-Canada — Le casse-tête du renouvellement des permis de travail dénoncé

    [5] La Presse — Un Français privé de travail pour un test de français manquant

  • La date que personne ne regarde — et qui décide de votre PEQ.

    La date que personne ne regarde — et qui décide de votre PEQ.

    Cette note accompagne l’épisode 48 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque semaine l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 48 : PEQ : la porte du 31 octobre, et la date que personne ne regarde

    Bonjour,

    Il y a une date qui circule partout depuis juillet : 31 octobre 2026, la fermeture de la fenêtre de dépôt du PEQ.

    Et il y en a une autre, dont presque personne ne parle : 19 novembre 2025.

    C’est celle-là qui décide si votre demande est seulement reçue. Cette semaine, dans l’épisode 48 de Cousins d’Amérique, Marc et Pierre démêlent les deux — et trois autres choses que la plupart des candidats découvrent trop tard.

    1. Le PEQ, ce n’est pas une vidéo de votre parcours. C’est une photo.

    Et la photo a été prise le 19 novembre 2025.

    Pour que votre demande soit reçue, il faut qu’à cette date vous ayez déjà :

    • Volet Travailleurs étrangers temporaires — deux ans d’expérience de travail au Québec en catégorie FÉER 0, 1, 2 ou 3;
    • Volet Diplômés du Québec — un baccalauréat, une maîtrise, un doctorat, un DEC technique ou un DEP d’au moins 1 800 heures, obtenu au Québec.

    Les mois travaillés après le 19 novembre 2025 ne comptent pas pour ce critère-là.

    Mais il y a une deuxième horloge, et celle-ci court encore : pour être sélectionné, vous devez occuper un emploi admissible au moment du dépôt, et l’avoir occupé pendant au moins 24 des 36 mois qui précèdent. Chaque mois sans travail — chômage, permis expiré, statut de visiteur — sort de cette fenêtre.

    Votre geste cette semaine : ouvrez un calendrier et comptez vos mois travaillés à temps plein sur les 36 derniers. Deux tests, deux résultats. Il faut passer les deux.

    2. Le français exigé, c’est le niveau 7. Pas le 4.

    Niveau 7 à l’oral sur l’Échelle québécoise — compréhension orale et production orale. Votre conjointe ou conjoint qui vous accompagne : niveau 4 (TEFAQ 260/699 aux deux épreuves orales; TEF Canada 145/360 en compréhension et 181/450 en expression).

    Et le piège qui va faire mal d’ici le 31 octobre : votre attestation de test doit dater de deux ans ou moins à la date où vous déposez. Un TEFAQ de 2023 ne vaut plus rien. Les places d’examen se réservent des semaines à l’avance.

    Vérifiez la date sur votre attestation aujourd’hui, pas en octobre.

    3. Vous avez peut-être déjà votre preuve. Dans une chemise cartonnée.

    ⚠️ À lire avant tout le reste : ceci vaut pour le PEQ uniquement.

    Si vous déposez au PSTQ (Programme de sélection des travailleurs qualifiés), les relevés de notes ne sont pas acceptés. Le ministère écrit que vous devez fournir un test reconnu « même si le français est votre langue maternelle ». Les seules exceptions au PSTQ sont trois diplômes de fin de secondaire — le baccalauréat français, le CESS belge, la maturité d’un canton suisse francophone — et les documents d’un ordre professionnel, acceptés uniquement pour le volet 3 (professions réglementées).

    C’est pourquoi tant de diplômés du Québec paient quand même le TEF : leur diplôme québécois ne vaut rien comme preuve linguistique au PSTQ. Et comme le PEQ était suspendu du 19 novembre 2025 au 2 juillet 2026, le PSTQ était la seule porte pendant ces sept mois.

    Première question à vous poser, avant celle du français : dans quel programme déposez-vous ?

    C’est l’information de l’épisode. Au PEQ, le test n’est pas la seule porte — il y en a trois autres, écrites noir sur blanc sur le site du ministère, dans des sections repliées que presque personne n’ouvre :

    • Trois ans d’études à temps plein, entièrement en français, au secondaire ou au postsecondaire — au Québec ou à l’étranger. Vos relevés de notes servent de preuve. Si la langue nationale de votre pays n’est pas le français, vous ajoutez une attestation de l’établissement indiquant la durée du programme et la langue d’enseignement.
    • Un permis régulier d’exercice d’un ordre professionnel québécois, valide ou échu depuis deux ans ou moins.
    • L’attestation de réussite à l’examen de français de l’OQLF, si elle date de deux ans ou moins.

    Si vous avez fait votre scolarité en français à Dakar, Abidjan, Port-au-Prince, Casablanca, Yaoundé ou Kinshasa : vérifiez cette voie avant de payer un test.

    Trois précisions qui comptent, et je préfère vous les dire tout de suite :

    • « Entièrement en français » veut dire 100 %. La tolérance de 75 % de cours en français s’applique uniquement aux programmes complétés au Québec, dans le volet Diplômés. Sur cette voie-ci, un cursus partiellement en arabe, en anglais ou en créole ne qualifie pas.
    • Pas de frais d’examen, mais pas « sans délai » non plus. Obtenir un relevé de notes officiel et une attestation d’un établissement à l’étranger prend souvent des semaines. Si vous visez le 31 octobre, faites la demande maintenant.
    • Ce n’est pas une immunité. Le ministère écrit qu’il « peut exiger à tout moment de vérifier ou d’évaluer votre connaissance du français lors d’une entrevue », et que des documents supplémentaires peuvent être demandés.

    Pour le conjoint qui vous accompagne, l’attestation de l’établissement est exigée dans deux cas plutôt qu’un : si la langue nationale de son pays n’est pas le français, ou si l’établissement fréquenté n’était pas entièrement francophone.

    4. Trois pièges qui tuent un dossier par ailleurs parfait

    • Temps partielMoins de 30 heures payées par semaine : pas pris en compte du tout. Pas au prorata. Trois ans à 28 h = une page blanche.
    • Secteur inadmissiblePrêts sur salaire, encaissement de chèques, prêts sur gage; pornographie et industrie du sexe. Jugé au niveau de l’employeur — comptable ou concierge dans une chaîne de prêts sur salaire, c’est inadmissible même si le poste n’y contribue pas.
    • Votre propre entrepriseL’expérience acquise dans une entreprise sur laquelle vous exercez un contrôle juridique ou de fait ne compte pas.

    Et une bonne nouvelle que beaucoup ignorent : vos expériences n’ont pas besoin d’être continues. Deux ans en trois blocs à temps plein, ça reste deux ans. Beaucoup de gens s’auto-éliminent en croyant le contraire.

    5. Si votre permis expire avant la fin de l’année

    Il existe un filet, et il vient d’Ottawa. Depuis le 13 mars 2026, IRCC offre un permis de travail lié à votre employeur (Programme de mobilité internationale) permettant de travailler jusqu’à 12 mois de plus, avec traitement accéléré.

    Conditions :

    • le Québec vous a demandé de soumettre une DSP dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés;
    • vous détenez — ou déteniez récemment — un permis lié à un employeur qui expire entre le 13 mars et le 31 décembre 2026;
    • vous déposez sur le site d’IRCC au plus tard le 31 décembre 2026.

    IRCC le dit explicitement : déposez avant l’expiration de votre permis, pour ne pas arrêter de travailler. Radio-Canada rapportait cet été le cas d’une travailleuse qui avait ses deux ans d’expérience, mais qui, sans permis depuis janvier et en statut de visiteur, s’est retrouvée exclue du PEQ à sa réouverture. Elle a dit se sentir « jetable ». Le filet existe précisément pour éviter ça.

    À retenir

    Il n’y a aucun plafond sur le nombre de demandes reçues pendant la fenêtre. Vous n’êtes en compétition avec personne. Déposer le 2 juillet à 8 h 30 — quand Arrima a planté et que la panique s’est installée — n’a jamais donné le moindre avantage.

    Ce n’est pas une course. C’est une date. La porte n’est pas étroite : elle est minutée.

    Vos cinq gestes, dans l’ordre

    1. Vérifier si vous aviez vos deux ans FÉER 0-1-2-3, ou votre diplôme québécois, au 19 novembre 2025
    2. Compter vos 24 mois travaillés à temps plein sur les 36 derniers
    3. Regarder la date sur votre attestation de français (moins de deux ans?)
    4. Chercher vos relevés de notes — trois ans d’études en français vous dispensent du test
    5. Si votre permis expire d’ici le 31 décembre : consulter la mesure IRCC du 13 mars 2026 dès aujourd’hui

    Les dates à écrire sur le frigo

    • 31 octobre 2026Fermeture de la fenêtre de dépôt PEQ (les deux volets) — et fin de la fenêtre du regroupement familial Québec pour les admissibilités délivrées jusqu’au 31 janvier 2025
    • 31 décembre 2026Date limite pour le permis de travail transitoire d’IRCC (12 mois)
    • 2 juillet 2028Fin de la réouverture du PEQ
    • 17 décembre 2028Le Québec vérifiera le français oral (niveau 4) pour le CAQ travail après trois ans de permis. Exemptés : travailleurs agricoles, employés de bureaux d’États étrangers et d’ONGI reconnues.

    Le niveau 7 exigé au PEQ ne s’improvise pas la veille d’un dépôt. Je suis enseignante diplômée en français langue seconde de l’Université de Montréal et examinatrice certifiée TEF par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Si vous préparez le TEFAQ ou le TEF Canada pour votre dossier PEQ, on travaille les épreuves ensemble, une par une.

    On lâche rien.

    Annie


    Vous connaissez quelqu’un dont le dossier PEQ est en cours ?

    Envoyez-lui cet article : la date du 19 novembre 2025 et les trois autres voies pour le français valent la peine d’être connues avant le 31 octobre.

    Références

    [1] Québec.ca — Programme de l’expérience québécoise (PEQ)

    [2] Québec.ca — Permis de travail transitoire de 12 mois pour les travailleurs temporaires en attente de sélection

    [3] Radio-Canada — « Ne changez pas les règles en cours de route »

    Cette infolettre présente de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Les critères, dates et seuils applicables dépendent de votre démarche précise : consultez toujours les informations officielles correspondantes avant de déposer une demande.

  • « Le Québec a fermé la porte aux étudiants étrangers » — et quatre autres rumeurs de rentrée, vérifiées

    « Le Québec a fermé la porte aux étudiants étrangers » — et quatre autres rumeurs de rentrée, vérifiées

    C’est la rentrée, et mes messages débordent. Il y a quelques jours, une mère m’a écrit qu’elle envisageait d’annuler la session de son fils parce qu’elle avait lu que « le Québec avait fermé la porte ».

    Écouter l’épisode 47 : C’est la rentrée — 5 rumeurs sur les étudiants étrangers, démontées

    Alors cette semaine, on prend cinq affirmations qui circulent partout et on les passe au test des textes officiels. Trois sont fausses.

    « Le Québec a fermé la porte » — FAUX

    Le Québec n’a pas fermé : il a plafonné. Le maximum de demandes acceptées dans le Programme des étudiants étrangers a été fixé à 124 760, contre 156 647 reçues l’année précédente — une baisse d’environ 20 %.

    Les quotas sont répartis par établissement et par type de diplôme. Pour les universités, le plafond correspond exactement au nombre de demandes de l’année d’avant. Vérifiez la situation de votre établissement, pas la moyenne.

    « Les demandeurs d’asile comptent dans le quota » — FAUX

    Les personnes ayant déjà déposé une demande d’asile ne sont pas comptées dans les quotas québécois.

    « Mes enfants comptent dans le quota » — FAUX

    Les enfants à charge des travailleurs étrangers temporaires et des étudiants étrangers ne sont pas comptés dans le nombre maximal de demandes. Si vous êtes parent et que vous avez retenu votre souffle ces dernières semaines : vous pouvez respirer.

    « Mon CAQ déposé avant est quand même plafonné » — FAUX

    Les personnes ayant demandé un CAQ pour études avant le 26 février 2025 et qui attendent encore une décision ne sont pas soumises au nombre maximal. Sortez votre accusé de réception et vérifiez la date sur le document — pas de mémoire.

    « Je peux encore obtenir l’exemption de droits de scolarité » — À MOITIÉ VRAI

    Aucune nouvelle exemption des droits de scolarité supplémentaires n’est accordée à partir de la session d’automne 2026. Mais celles et ceux qui en bénéficient déjà la conservent jusqu’à la fin de leur programme, selon sa durée normale.

    Le principe à retenir : quand une nouvelle vous terrifie, cherchez la liste des exceptions. Elle existe presque toujours — et elle est presque toujours enterrée à la fin du document.

    Un chiffre pour votre planification

    Depuis le 1er janvier 2026, le montant minimal de capacité financière exigé pour une personne seule qui étudie au Québec est de 24 617 $. Avant même la première session. Mieux vaut le savoir maintenant qu’en décembre.

    Et un conseil qui vaut pour tout

    Des milliers d’étudiants internationaux se retrouvent coincés dans les traitements administratifs. Même quand tout est bien fait, on attend. Alors déposez tôt — toujours plus tôt que vous ne le pensez nécessaire.

    Si vous voyez passer la rumeur numéro un cette semaine, partagez-leur cet article. Calmement.

    Bonne rentrée. Et bon courage aux parents — je sais de quoi je parle, je les vois arriver dans ma classe chaque septembre.

    Annie

    Note de contexte — à vérifier avant publication. Les chiffres et dates cités proviennent des textes officiels au moment de la rédaction. La période de quota court jusqu’au 26 février 2026 et une nouvelle période a pu être annoncée depuis : confirmez sur quebec.ca avant de publier ou de partager cet article.

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  • Ils vous veulent. Mais un francophone sur trois finit par repartir.

    Ils vous veulent. Mais un francophone sur trois finit par repartir.

    Cette note accompagne l’épisode 46 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque mercredi l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 46 : Six communautés qui te veulent

    Je vais vous raconter cet épisode en deux temps, parce que c’est comme ça que je l’ai vécu en le préparant : d’abord j’ai souri, ensuite j’ai grimacé.

    D’abord, la bonne nouvelle

    Le Canada veut 30 267 immigrants francophones hors Québec cette année. C’est une cible écrite, pas une intention : 9 % des admissions en 2026, 9,5 % en 2027, 10,5 % en 2028, et un engagement d’atteindre 12 % d’ici 2029.

    Et voici le détail que presque personne ne connaît : le fédéral a réservé 5 000 places pour que les provinces désignent des candidats francophones — en plus de leur allocation habituelle du Programme des candidats des provinces.

    Autrement dit : en étant francophone, vous ne prenez la place de personne. Vous êtes dans une file qui a été creusée pour vous.

    Les six communautés

    Le Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones offre une voie directe vers la résidence permanente à des travailleurs qualifiés qui s’installent dans des communautés francophones rurales ou éloignées, hors Québec. Six y participent, d’est en ouest :

    Moins de candidats se pressent sur ces voies que sur Toronto ou Vancouver — donc moins de concurrence. Et le mécanisme fonctionne : le Canada a dépassé sa cible d’immigration francophone pour 2025.

    Un mot d’avertissement quand même. Choisir une communauté sur une brochure, c’est comme choisir un appartement sur une photo. La photo n’est pas mensongère : elle est simplement prise le bon jour, sous le bon angle, à la bonne saison. Avant de déposer quoi que ce soit, appelez l’organisme francophone de la communauté visée et parlez à quelqu’un qui y vit. Demandez ce qui manque, pas ce qui est beau.

    Ensuite, ce qu’on ne vous dit pas

    Je ne vais pas vous vendre un rêve. Trois choses, documentées par Radio-Canada.

    1. Un immigrant francophone sur trois finit par repartir

    Le Canada perd 35 % de ses immigrants francophones, une tendance particulièrement marquée au Québec et en Ontario. On remplit un seau percé — et le trou a un nom.

    2. Les diplômes étrangers se heurtent à un mur

    En Ontario comme au Manitoba, la non-reconnaissance des acquis est identifiée comme l’obstacle principal. Les employeurs exigent des études canadiennes et de l’expérience canadienne — l’impasse classique. Beaucoup doivent réinventer complètement leur parcours professionnel. Les familles francophones qui quittent le Manitoba le disent clairement : c’est la déception de ne pas trouver d’emploi, même dans des domaines où les exigences linguistiques sont souples, qui les pousse à repartir.

    3. En Ontario, l’anglais reste souvent nécessaire

    Y compris à l’intérieur de la communauté francophone. Je préfère que vous l’entendiez de moi, calmement, plutôt qu’à votre troisième entrevue.

    Le français vous ouvre la porte d’entrée. L’anglais vous ouvre le bureau. Ce n’est pas un choix — c’est une séquence.

    Trois gestes cette semaine

    1. Lisez les critères d’admissibilité du programme pilote sur canada.ca avant de rêver.
    2. Choisissez une communauté et appelez son organisme francophone. Une vraie conversation vaut cinquante publications de groupe.
    3. Lancez dès maintenant votre démarche de reconnaissance de diplôme dans la province visée. C’est long, c’est ennuyeux, et c’est ce qui décide si vous ferez partie du tiers qui repart.

    Toutes ces voies ont un point commun : il faut prouver son français. Places réservées, catégorie francophone d’Entrée express, programmes pilotes — chacune exige une preuve officielle de compétence en français. Je suis enseignante diplômée en français langue seconde de l’Université de Montréal et examinatrice certifiée TEF par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Si vous préparez le TEF Canada ou le TEF Québec, on travaille les épreuves ensemble, une par une.


    Vous connaissez quelqu’un qui prépare son immigration ?

    Envoyez-lui cet article : les places réservées et les six communautés valent la peine d’être connues à l’avance.

    Références

    [1] Canada.ca — Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones

    [2] Canada.ca — Immigration francophone hors Québec, cibles et tableau de bord

    [3] Radio-Canada — Le Canada perd 35 % de ses immigrants francophones

    [4] Radio-Canada — La dure réalité des immigrants francophones qualifiés

    [5] Radio-Canada — Le dilemme des familles immigrantes francophones qui quittent le Manitoba

    Cette infolettre présente de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation personnelle, consultez un consultant réglementé en immigration ou un avocat.

  • Un test de français réussi, un permis refusé : les 5 vérifications avant de déposer votre demande

    Un test de français réussi, un permis refusé : les 5 vérifications avant de déposer votre demande

    Cette note accompagne l’épisode 45 des Cousins d’Amérique. Pour recevoir chaque mercredi l’épisode, son décryptage écrit et les ressources associées, inscrivez-vous à l’infolettre des Cousins d’Amérique ci-dessous.

    Écouter l’épisode 45 : L’infirmière refusée pour un test de français… qu’elle avait réussi

    Une personne peut avoir étudié au Québec, obtenir son diplôme, être admise à son ordre professionnel et décrocher un emploi dans un secteur qui recrute. Pourtant, un seul document absent du dossier peut compromettre la suite du parcours.

    C’est le point de départ de l’épisode 45 des Cousins d’Amérique. Nous y revenons sur le cas de Lucie Cézar, infirmière auxiliaire diplômée au Québec. Sa demande de permis de travail postdiplôme a été refusée parce qu’IRCC n’avait pas trouvé dans son dossier la preuve de français attendue. Elle avait passé le TEF et croyait l’avoir transmis. Après le refus, elle et son conjoint ont perdu leur droit de travailler et devaient quitter le pays dans les 90 jours. [1]

    Cette histoire ne permet pas de tirer une conclusion sur tous les dossiers d’immigration. Elle rappelle cependant une distinction concrète et fondamentale : remplir une condition ne suffit pas; il faut aussi la prouver correctement au moment du dépôt.

    Épisode 45 : ce qu’il faut retenir

    Dans cet épisode, Pierre réagit à une situation qui semble absurde : une francophone formée au Québec est refusée pour une preuve de français. Marc pose alors la question utile : le dossier contenait-il toutes les pièces exigées lorsque l’agent l’a examiné?

    « Le système ne juge pas ce que vous savez. Il juge ce que vous avez prouvé. »

    Cette phrase ne dit pas que le système est parfait. Elle donne plutôt un réflexe de préparation : avant de déposer, vérifiez votre dossier comme si la personne qui le lit ne pouvait ni deviner une information ni retrouver pour vous un document manquant.

    Écouter l’épisode 45 des Cousins d’Amérique

    Pourquoi la preuve linguistique compte dans une demande de PTPD

    Pour certaines demandes de permis de travail postdiplôme présentées à partir du 1er novembre 2024, IRCC demande une preuve de compétences linguistiques en français ou en anglais. Les résultats doivent avoir moins de deux ans au moment de la soumission. IRCC précise aussi que les résultats de tests sont parfois étiquetés comme documents facultatifs dans la liste; ils doivent néanmoins être joints lorsqu’ils constituent une exigence applicable à votre programme. [2]

    La leçon n’est donc pas de multiplier les documents au hasard. Il s’agit de lire les exigences de votre programme et de démontrer chacune d’elles avec la pièce demandée, dans l’espace prévu et au moment du dépôt.

    Les cinq vérifications à faire avant de cliquer sur « Soumettre »

    1. Relisez la liste de contrôle officielle, ligne par ligne

    Avant de soumettre, ouvrez la liste de contrôle de votre programme et comparez-la à chaque document chargé. Ne vous contentez pas de vérifier qu’un fichier est « dans votre ordinateur » : assurez-vous qu’il apparaît dans le bon champ du portail.

    2. Planifiez les tests de langue avant le dépôt

    Un résultat de test ne sert au dossier que s’il est encore valide et joint à la demande lorsqu’il est requis. Prévoyez le rendez-vous, le délai de réception des résultats et le temps de téléversement. Pour un PTPD, IRCC indique que les résultats doivent dater de moins de deux ans au moment de la demande. [2]

    3. Gardez une preuve de chaque téléversement

    Conservez votre numéro de confirmation, la date et l’heure de la soumission, ainsi qu’une capture d’écran des documents téléversés. Ces éléments n’évaluent pas l’admissibilité, mais ils vous permettent de retracer clairement ce qui a été transmis.

    4. Si vous recevez un refus, lisez d’abord la lettre intégralement

    La décision reçue, votre statut actuel et les délais qui s’appliquent dépendent de votre situation personnelle. Évitez de prendre une décision précipitée : lisez la lettre d’IRCC, rassemblez vos documents et obtenez rapidement un avis adapté avant d’entreprendre une démarche ou un déplacement.

    5. Pour un dossier personnel, consultez une personne habilitée

    Un avocat ou un consultant réglementé en immigration canadienne peut examiner votre situation propre. Les expériences partagées dans des groupes en ligne peuvent aider à comprendre ce que vivent d’autres personnes, mais elles ne remplacent pas l’analyse de votre lettre de décision et de vos preuves.

    Un rappel pour le regroupement familial au Québec

    Le gouvernement du Québec a mis en place un calendrier de réception des demandes d’engagement en regroupement familial, ouvert du 2 juillet 2026 au 30 juin 2028, avec une période qui dépend notamment de la date où IRCC a déclaré le répondant admissible. Il ne faut donc pas appliquer une échéance générale à toutes les situations : vérifiez votre date et votre catégorie directement dans les règles officielles avant d’agir. [3]

    Les Cousins d’Amérique : un même espace, chaque mercredi

    Les Cousins d’Amérique ont maintenant leur espace sur Francisation Réussie. Vous y retrouvez les épisodes, les articles de blog associés et l’infolettre hebdomadaire. Chaque mercredi, le même rendez-vous relie l’écoute, le décryptage écrit et les ressources utiles.

    Cette page est le complément écrit de l’épisode 45. Elle est conçue pour être relue avant un dépôt, retrouvée facilement après une écoute et partagée avec une personne qui prépare une demande.

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    À écouter maintenant

    L’épisode 45 replace le cas de Lucie Cézar dans un contexte plus large et détaille les cinq réflexes de préparation avec Marc et Pierre.

    Écouter « L’infirmière refusée pour un test de français… qu’elle avait réussi »


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    Envoyez-lui cet article ou l’épisode 45 : un document oublié peut avoir de lourdes conséquences.

    Références

    [1] Radio-Canada — Des immigrants déplorent un manque d’humanité à Immigration Canada

    [2] IRCC — Permis de travail postdiplôme : obtenez les documents requis

    [3] Gouvernement du Québec — Règles de réception des demandes d’engagement